Le
N’Djaména, 29 octobre 2025 — Redonner une identité à ceux qui n’en ont jamais eu, tel est le pari que s’est lancé l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). À travers sa représentation régionale pour l’Afrique centrale, basée à Libreville (Gabon), l’OIF est en mission au Tchad pour accompagner et renforcer le système d’état civil, en appui aux efforts du gouvernement tchadien.
Conduite par Stéphanie Dongmo, experte en charge de l’état civil à l’OIF, cette mission s’inscrit dans la continuité du projet de renforcement de la citoyenneté des élèves, mis en œuvre par l’Agence nationale des titres sécurisés (ANATS).Après une première phase réussie en 2024, qui avait permis la production de 53 000 actes de naissance pour des élèves dépourvus d’identité légale, le projet entre dans sa deuxième phase.
Le lancement officiel est prévu ce mercredi 29 octobre à Abitin, chef-lieu de la province du Ouaddaï, avec une extension dans les provinces de l’Ennedi Est et du Tandjilé.> « Cette nouvelle étape permettra de produire 68 000 actes de naissance pour des élèves qui n’en disposent pas, afin qu’ils puissent passer leurs examens et poursuivre leur scolarité », confie Stéphanie Dongmo.
En parallèle de son partenariat avec l’ANATS, l’OIF soutient également Technidef, une ONG tchadienne impliquée dans la modernisation de l’état civil. Ce second projet, complémentaire au premier, vise à produire 10 000 actes supplémentaires, portant à 78 000 le nombre total d’actes prévus pour 2025.
« Ces actions contribuent à relever le taux d’enregistrement des naissances au Tchad et en Afrique centrale, où il plafonne encore à 41 %. Autrement dit, deux enfants sur trois ne disposent pas d’acte de naissance », déplore Mme Dongmo.
À l’échelle régionale, l’OIF ambitionne la production d’un million d’actes de naissance dans les pays d’Afrique centrale d’ici la fin du programme.Pour l’OIF, la question de l’identité est un droit fondamental et une condition essentielle à la citoyenneté.
L’organisation accompagne les États membres dans la réforme et la modernisation de leurs systèmes d’état civil, à la fois sur le plan technique, juridique et institutionnel.Ce projet touche toutes les catégories sociales : enfants, femmes, personnes âgées, populations rurales et déplacées.
« Établir un acte de naissance, c’est le droit de l’enfant et le devoir du parent », rappelle Stéphanie Dongmo.« Mais dans certaines zones affectées par les crises ou l’insécurité, les services d’état civil sont difficilement accessibles. D’où la mise en place de programmes de rattrapage pour garantir ce droit à tous. »Au-delà du terrain, la mission de l’OIF participe également à un séminaire d’information à destination des parlementaires tchadiens, en partenariat avec l’Association des parlementaires francophones et le Sénat tchadien.
Ce cadre vise à former et sensibiliser les élus sur les enjeux de l’état civil, afin d’encourager une meilleure implication politique et législative.> « L’état civil est un chantier collectif qui mobilise les secteurs de la santé, de l’éducation et de la justice », souligne l’experte.
« C’est ensemble que nous pouvons bâtir un système fiable et inclusif au service des populations tchadiennes. »Outre le Tchad, ce vaste programme de la Francophonie est également mis en œuvre au Cameroun, en République centrafricaine et au Gabon.Partout, l’objectif reste le même : renforcer la gouvernance de l’état civil, protéger les droits fondamentaux et garantir à chaque citoyen une identité légale.
Cette mission incarne la vision d’une Francophonie solidaire, où l’identité légale devient un levier d’inclusion sociale et un gage de dignité humaine.> « L’enregistrement des naissances n’est pas un simple acte administratif », conclut Stéphanie Dongmo.« C’est un acte de reconnaissance, un acte de dignité
📸Dar-Sila Média
