InCollage_20251117_140031581

Lors de la séance plénière consacrée aux questions adressées à la ministre de l’Action sociale, les députés de la province du Sila ont livré des interventions particulièrement marquantes, révélant l’ampleur réelle de la situation humanitaire dans cette région frontalière.

Le Sila, province profondément touchée par l’afflux de réfugiés depuis plus de vingt ans, vit aujourd’hui une pression sociale et économique grandissante, que les élus ont choisi de porter haut et fort devant le gouvernement.Le député Mahamat Adef Adam a ouvert le débat en décrivant une crise humanitaire qui ne cesse de s’intensifier. Dans une allocution ferme, il a souligné que l’afflux continu de réfugiés soudanais, combiné à la flambée des prix et à la saturation des ressources locales, plonge les communautés hôtes dans une détresse croissante. Selon lui, la province vit dans une urgence permanente, souvent ignorée par les décideurs centraux. Ses mots ont mis en lumière une situation qui, depuis trop longtemps, reste en arrière-plan des priorités nationales.Prenant la parole à sa suite, la députée Sadie Seid Bauche a mis l’accent sur les conséquences directes que subissent les autochtones. Elle a rappelé qu’entre les champs accaparés, les pâturages saturés et la pression démographique autour des camps installés depuis 2002, les populations locales ont vu leurs moyens de subsistance s’effondrer.

La députée a interpellé la ministre sur l’absence de mesures concrètes de soutien et a proposé une piste importante mais sensible : envisager la délocalisation de certains camps de réfugiés pour soulager les villages environnants. Elle a prévenu que, sans action rapide, les autochtones risquent de basculer “de vulnérables à misérables”, une formule qui a marqué l’hémicycle.Le député Baradine Mahamat Issakha est intervenu à son tour, orientant le débat sur la situation des retournés tchadiens, souvent négligés dans les programmes d’assistance.

Il a insisté sur la nécessité d’un plan national de réinsertion durable, incluant un appui économique, un accès sécurisé aux terres et une intégration sociale encadrée. Pour lui, la stabilité du Sila dépend aussi de la capacité du gouvernement à restaurer la dignité de ses propres citoyens revenant de zones de conflits extérieures.Ces trois interventions, bien que différentes dans leur approche, ont révélé une même réalité : le Sila suffoque sous le poids humanitaire et économique.

Entre réfugiés, déplacés internes et retournés, la province supporte une charge disproportionnée depuis plus de deux décennies, souvent sans les moyens adéquats pour y faire face. Les élus ont adopté un ton plus déterminé que jamais, témoignant d’une volonté commune de ne plus laisser cette situation se diluer dans les formalités administratives.

Face à eux, la ministre de l’Action sociale s’est engagée à revoir les dispositifs existants et à renforcer la coordination avec les partenaires internationaux. Toutefois, les députés ont rappelé que le temps presse et que la province a trop longtemps attendu des réformes concrètes.

Ce débat aura eu le mérite de remettre la province du Sila au centre des préoccupations nationales. Il aura également montré que ses représentants, désormais plus unis et plus exigeants, comptent jouer un rôle décisif dans la défense des intérêts de leurs populations. Une parole politique qui, désormais, ne veut plus être ignorée.#

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *