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Depuis plus de deux décennies, la province du Sila se tient en première ligne d’une crise humanitaire qui ne dit plus son nom. Depuis 2002, elle accueille sans relâche des vagues de réfugiés venus du Soudan, victimes de conflits qui semblent ne jamais finir. Les camps de Djabal, Goz-Amir, Aradib et plus récemment Zabout témoignent de cette réalité devenue permanente.

Pourtant, au cœur de cette solidarité exemplaire, une question demeure : qui se soucie réellement des populations hôtes ?Une générosité qui s’épuiseLes organisations humanitaires — HCR, PAM, ONG internationales et nationales — ont bâti un dispositif robuste pour les réfugiés : abris, vivres, centres de santé, écoles.

Mais derrière cette architecture humanitaire, une vérité dérangeante persiste : les communautés locales, qui ont partagé leurs terres, leurs ressources, leurs points d’eau et leur sécurité, restent les grands oubliés du système.La pression démographique a réduit les espaces cultivables, fait grimper les prix des denrées et provoqué des tensions silencieuses dans plusieurs localités. Les autochtones — agriculteurs, éleveurs, petits commerçants — deviennent à leur tour vulnérables, parfois plus que ceux qu’ils ont accueillis.

L’urgence de changer de regardIl est temps que les partenaires revoient leur copie. L’humanitaire ne peut continuer à s’appuyer sur une générosité locale sans la renforcer, la protéger et la compenser.

Cela nécessite :des programmes intégrés réfugiés–hôtes,des investissements agricoles pour restaurer les moyens de subsistance,des infrastructures partagées en eau, santé et éducation,des mécanismes de protection sociale pour les familles locales les plus fragiles,une vision de long terme qui dépasse la simple réponse d’urgence.

La province du Sila ne doit plus porter seule le poids de la crise La province a fait preuve d’une résilience remarquable. Elle a accueilli, nourri, protégé.Mais aucune solidarité n’est infinie si elle n’est pas soutenue.

L’heure est venue pour les humanitaires et le gouvernement de reconnaître l’effort des populations hôtes et de leur accorder la place qu’elles méritent dans les interventions.Parce qu’on ne peut pas parler de coexistence pacifique, de stabilité sociale et de développement durable lorsque ceux qui ont le plus donné sont ceux qui reçoivent le moins.

Dar-sila Média

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