N’Djaména – Le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger a exprimé sa vive indignation face à des informations faisant état d’un signalement adressé au Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) par une ONG soudanaise, accusant le Tchad d’implication dans le conflit armé au Soudan.
Dans un communiqué rendu public, le Gouvernement tchadien rejette catégoriquement ces accusations qu’il qualifie de « grotesques » et « politiquement motivées ». L’ONG en question, dénommée Priority Peace Sudan, tenterait d’imputer au Tchad une responsabilité dans la guerre opposant le régime de Khartoum aux Forces de soutien rapide (FSR), pourtant « créées, armées et instrumentalisées par ce même régime », souligne le ministère.Selon les autorités tchadiennes, depuis le déclenchement de ce conflit fratricide, le Tchad a adopté une position de stricte neutralité, conforme aux principes du droit international, du bon voisinage et de la préservation de la paix régionale.
Le communiqué rappelle par ailleurs que le Tchad est loin d’être un acteur du conflit, mais plutôt l’une de ses principales victimes. Depuis 2023, plus de 1,5 million de réfugiés soudanais ont trouvé refuge sur le sol tchadien, un afflux massif qui exerce une pression considérable sur les ressources humaines, économiques, sociales et environnementales du pays.
Une charge assumée, selon le Gouvernement, « avec dignité, solidarité et responsabilité », malgré le soutien limité de la communauté internationale.Les autorités tchadiennes réaffirment n’avoir jamais pris part, directement ou indirectement, aux hostilités au Soudan. Au contraire, le Tchad dit avoir constamment plaidé, dans les forums régionaux et internationaux, pour un cessez-le-feu immédiat, la protection des civils et une solution politique durable à la crise soudanaise.
Il affirme également avoir condamné, sans ambiguïté, toutes les violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.Le ministère estime enfin que la véritable interpellation de la communauté internationale doit porter sur la responsabilité directe des acteurs soudanais dans l’effondrement de l’État, la militarisation du pays, l’usage de méthodes de guerre interdites et les allégations documentées d’utilisation d’armes chimiques par le régime de Khartoum.Pour N’Djaména, la tentative de faire porter au Tchad la responsabilité de cette tragédie à travers une ONG créée récemment, en novembre 2025, relève d’une « manœuvre de diversion » visant à masquer les échecs et les responsabilités du régime soudanais devant le droit international.
Le Gouvernement tchadien assure, en conclusion, que cette initiative « aussi désespérée que sensationnelle » sera vouée à l’échec et appelle l’opinion nationale et internationale à la vigilance.