3 avril 2026
IMG-20251224-WA0243

Juba — Au Soudan du Sud, la quête de la paix ne se limite plus aux textes juridiques et aux dispositifs institutionnels. Les législateurs sud-soudanais estiment désormais que la stabilité durable du pays passe avant tout par l’intériorisation des valeurs de paix et de réconciliation par ceux qui le dirigent.

C’est dans cet esprit que les membres de la Commission permanente de la paix et de la réconciliation de l’Assemblée législative nationale de transition (TNLA) ont pris part, le 18 décembre dernier, à une session d’éducation nationale au leadership pour la paix. La rencontre s’est tenue dans la salle de conférence du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Soudan du Sud et a réuni plus d’une vingtaine de députés.

Organisée en collaboration avec l’organisation internationale de paix HWPL (Heavenly Culture, World Peace, Restoration of Light), cette session visait à encourager une réflexion approfondie sur la conscience morale, la philosophie du leadership et les fondements humains de la gouvernance.

Malgré des agendas parlementaires chargés, les participants ont activement pris part aux échanges, partageant un objectif commun : renforcer l’intégration sociale et consolider la paix nationale. À travers le programme éducatif proposé par HWPL, les législateurs ont souligné que si les lois et les institutions représentent la « forme » d’un État, les valeurs portées par ses dirigeants en constituent l’« essence ».

Intitulé « Des dirigeants qui aiment leur peuple, des dirigeants qui bâtissent la paix », le programme s’est déroulé dans un format hybride, reliant la Corée du Sud et le Soudan du Sud. Les discussions ont ensuite porté sur l’adaptation de ces principes à la réalité politique et sociale sud-soudanaise.

Les participants ont unanimement reconnu que l’unité nationale et la stabilité à long terme ne peuvent être garanties sans des dirigeants capables d’intégrer profondément les valeurs de paix, de pardon et de responsabilité dans leur action politique quotidienne.

S’appuyant sur la tradition humaniste coréenne et sur des exemples de figures mondiales de la paix, la session a permis aux députés d’analyser des expériences historiques de leadership en temps de conflit, afin d’en tirer des leçons applicables au contexte sud-soudanais actuel.Au cours d’une conférence suivie d’un débat approfondi de 100 minutes, HWPL a joué un rôle de facilitateur, accompagnant les participants dans l’élaboration de leur propre « philosophie de la paix ».

Les échanges ont porté sur les vertus essentielles du leadership et sur les actions concrètes nécessaires pour protéger les citoyens et renforcer la cohésion nationale.Le président de la Commission permanente de la paix et de la réconciliation du TNLA, l’honorable Bona Deng Lawrence, a salué l’impact de cette initiative.« J’ai compris que l’apprentissage est un voyage qui dure toute la vie.

Cette formation m’a offert une nouvelle perspective sur le pardon et la réconciliation. En tant que législateurs, nous avons une lourde responsabilité envers notre peuple », a-t-il déclaré, annonçant son engagement à promouvoir la création d’une institution dédiée à l’éducation à la paix au sein de l’Assemblée.Dans la même dynamique, l’honorable Bishop John Jock Choul, membre de la Commission, a insisté sur la portée universelle du message transmis :« L’amour est essentiel à la vie, car sans amour, la vie perd sa direction.

De la même manière, un monde sans pardon ne peut véritablement vivre. Le pardon est l’un des piliers fondamentaux de l’existence », a-t-il affirmé.Cette session marque le lancement officiel d’une série de formations en quatre volets intitulée « Éducation au leadership pour une paix centrée sur les personnes ».

Mené en partenariat avec la Commission permanente de la paix et de la réconciliation du TNLA, le programme se poursuivra avec d’autres rencontres axées sur le leadership de paix, l’intégration sociale et le processus de construction nationale au Soudan du Sud.

Laisser un commentaire