3 avril 2026



Dans son message à la Nation prononcé à l’occasion du Nouvel An, le Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a placé la réforme de la justice au cœur de ses priorités pour 2026, annonçant son retrait du Conseil Supérieur de la Magistrature, une décision d’historique.


«En nous engageant résolument pour la séparation effective des pouvoirs et l’indépendance de la Justice à travers notre retrait du Conseil Supérieur de la Magistrature, notre seul objectif est de renforcer la justice comme socle de notre Nation», a déclaré le Chef de l’État.

Cette annonce marque un tournant dans l’organisation des pouvoirs au Tchad, où la présence du Président au sein de l’instance suprême de régulation de la magistrature avait longtemps été questionnée par les défenseurs de l’État de droit.
Dans un exercice inhabituel d’autocritique institutionnelle, le Président Mahamat Idriss Deby Itno a dressé un constat sans complaisance des tares du système judiciaire tchadien, pointant notamment du doigt les personnes qui passent des années en prison sans jugement et « les jugements qui sont rendus en faveurs des mieux offrants ». Ces pratiques, a-t-il affirmé, doivent être bannies définitivement.

Le Maréchal a lancé un appel direct aux magistrats : «J’en appelle au sens de responsabilité de tous les magistrats pour redonner à la Justice ses lettres de noblesse.»
Le Chef de l’État a établi un lien direct entre justice et développement, soutenant qu’une justice équitable et prompte constitue une condition préalable pour bâtir un pays uni, en paix et résolument tourné vers le développement. Cette vision positionne la réforme judiciaire comme un pilier fondamental du Plan National de Développement Tchad Connexion 2030, qui a récemment mobilisé 20 milliards de dollars lors de la conférence d’Abu-Dhabi.

Cette annonce intervient dans un contexte plus large de consolidation institutionnelle, l’année 2025 ayant vu le parachèvement de la mise en place de l’ensemble des institutions de la République, avec notamment un parlement bicaméral fonctionnel et des conseils provinciaux élus. La réforme s’articule également avec la lutte contre la corruption, autre priorité affirmée, bien que le Président ait mis en garde contre les dérives potentielles, rappelant que cette lutte doit se faire «dans l’impartialité, la transparence, le strict respect des lois» et «ne pas servir d’instrument sélectif de chasse aux sorcières.»

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