23 avril 2026
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Dans l’est du Tchad, la province du Sila s’impose comme l’un des principaux centres d’intervention humanitaire du pays. De Goz-Beïda, chef-lieu provincial, aux camps de réfugiés de Djabal, Zabout et Goz Amir, jusqu’aux localités de Kerfi, Tissi, Adé et Moudeïna, la présence des organisations non gouvernementales est omniprésente. Bases logistiques, véhicules siglés, programmes d’urgence : tout laisse penser à un dispositif bien structuré.

Pourtant, sur le terrain, le constat est tout autre.

Un accès à l’eau toujours critique

Malgré cette forte concentration d’acteurs humanitaires, l’accès à l’eau potable reste un défi quotidien pour de nombreux habitants. Les infrastructures existantes peinent à répondre à une demande en constante augmentation, exacerbée par une pression démographique liée à l’afflux de réfugiés.

Dans plusieurs quartiers, les ménages dépendent de vendeurs d’eau, où les prix sont jugés exorbitants, rendant cette ressource vitale difficilement accessible aux plus vulnérables.

Électricité : une ville dans le noir

À ces difficultés s’ajoute un déficit chronique en électricité. À Goz-Beïda, ville en pleine expansion, l’absence d’un réseau énergétique fiable freine les activités économiques et accentue la précarité. Les coupures sont fréquentes, voire inexistantes dans certaines zones, limitant fortement les initiatives locales.

Un déséquilibre dénoncé

Si l’assistance dans les camps de réfugiés apparaît relativement organisée, les populations hôtes dénoncent un déséquilibre croissant dans l’accès aux services de base. Beaucoup estiment que les retombées de la présence humanitaire restent limitées pour les communautés locales.

Vers un changement d’approche ?

Face à cette situation, plusieurs observateurs appellent à une réorientation des interventions. L’enjeu est désormais de dépasser la logique d’urgence pour investir dans des projets durables, notamment dans les domaines de l’eau, de l’énergie et des infrastructures.

Un paradoxe persistant

Entre présence massive des ONG et conditions de vie toujours précaires, Goz-Beïda et ses environs illustrent un paradoxe frappant.

Dans cette province au cœur de l’action humanitaire, les attentes des populations locales restent largement insatisfaites.

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