GOZ-BEÏDA / KERFI — Face au risque de contagion des violences intercommunautaires qui ont récemment de nouveau ensanglanté la localité de Mouraye dans le Salamat, les autorités traditionnelles et religieuses de la province du Sila ont pris les devants. Ce jeudi 22 octobre, une importante délégation de haut niveau s’est rendue à Kerfi pour exhorter les populations locales à la retenue et au maintien de la paix.
Située à environ 45 kilomètres de Goz-Beïda, chef-lieu de la province du Sila, la sous-préfecture de Kerfi entretient des liens communautaires et historiques très étroits avec la zone de Mouraye. En raison de cette proximité, la crainte d’un effet domino ou d’actes de représailles croisées a poussé les responsables provinciaux à réagir sans délai.
La mission conjointe était conduite par Ali Kassar, représentant officiel du Sultan du Dar-Sila, et le Cheikh Ahmat Boukhari Djaddi, président du Conseil national des affaires islamiques (CNAI) pour la province du Sila.
Lors des assises tenues à Kerfi, la délégation a rassemblé les leaders communautaires, les notables coutumiers ainsi que les représentants des éleveurs et des agriculteurs.
Au nom de la cohésion nationale, Ali Kassar et le Cheikh Ahmat Boukhari Djaddi ont conjointement invité les leaders d’opinion à faire preuve de retenue et à porter un message d’apaisement auprès de leur jeunesse : « Les chefs traditionnels et religieux doivent faire preuve de responsabilité et de sérénité pour préserver le vivre-ensemble et accompagner les efforts du gouvernement en faveur d’une cohabitation pacifique entre toutes les composantes du Tchad. »
À l’issue des échanges, les représentants des agriculteurs et des éleveurs de Kerfi ont salué cette démarche proactives et réaffirmé leur volonté ferme de ne pas se laisser entraîner dans l’engrenage de la violence.
Ils se sont engagés à collaborer étroitement avec les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) déployées dans la zone, diffuser des messages de sensibilisation et de paix dans l’ensemble des villages et ferriks environnants et proscrire toute ingérence ou action de vengeance liée aux récents événements survenus dans le Salamat.
Cette mobilisation des acteurs de la société civile du Sila témoigne d’une prise de conscience cruciale sur l’importance du dialogue pour préserver la stabilité sécuritaire dans l’Est du Tchad.
