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À N’Djamena, elles sillonnent chaque matin les grandes artères de la capitale, balais à la main, sous une chaleur accablante. Souvent ignorées par les passants, les nettoyeuses municipales assurent pourtant une mission essentielle : maintenir la ville propre malgré l’insuffisance des moyens et les risques permanents auxquels elles sont exposées.

Dans plusieurs quartiers de la capitale tchadienne, ces femmes, parfois surnommées les « gardiennes de la salubrité », travaillent dans des conditions difficiles.

Entre circulation dense, poussière, déchets dangereux et absence d’équipements adaptés, leur quotidien ressemble à un véritable parcours du combattant.« Travailler sans gants ni chaussures adaptées, c’est courir un danger permanent. Certaines collègues se font renverser par des motos », confie une employée municipale sous couvert d’anonymat.

Malgré leur contribution à l’assainissement urbain, beaucoup dénoncent l’absence de protection sociale et le manque de considération accordée à leur métier.

Des associations locales et organisations de la société civile appellent les autorités à améliorer leurs conditions de travail à travers la fourniture d’équipements de sécurité, la mise en place d’une assurance maladie et l’adaptation des horaires afin d’éviter les fortes chaleurs.

Pour plusieurs acteurs sociaux, la situation mérite une réponse urgente des autorités municipales et de l’État. « La mairie ne peut pas rester sourde.

Les partenaires techniques et les autorités doivent agir rapidement », affirme la responsable d’une organisation locale engagée dans la défense des droits sociaux.Alors que la municipalité évoque l’étude de certaines mesures, sur le terrain les travailleuses continuent d’assurer leur mission avec des moyens limités et des salaires jugés insuffisants.

Au-delà de la question de l’hygiène publique, ces femmes incarnent également le combat pour la reconnaissance et la dignité des travailleurs de l’ombre.

Syndicats et militants plaident pour un véritable statut professionnel, un dialogue social inclusif et une meilleure valorisation de ces agentes de propreté qui participent chaque jour au fonctionnement de la capitale.

Dans une ville en pleine croissance démographique, nombreux sont ceux qui estiment que la protection de ces travailleuses constitue désormais un enjeu majeur de santé publique et de développement urbain.

« Sans elles, N’Djamena sombrerait dans l’insalubrité », rappelle un acteur de la société civile.

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