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N’DJAMÉNA, 28 octobre 2026 — Cinq pays unissent leurs efforts pour mieux protéger les populations du bassin du lac Tchad contre les conséquences du changement climatique. Le Tchad, le Cameroun, le Niger, le Nigeria et la République centrafricaine ont officiellement lancé, ce mercredi à N’Djaména, un projet régional de gestion intégrée des ressources en eau et de renforcement des systèmes d’alerte précoce. Financée à hauteur de 11,6655 millions de dollars américains par le Fonds d’adaptation, cette initiative s’étendra sur cinq ans, d’octobre 2026 à octobre 2031.

La cérémonie de lancement s’est déroulée à l’hôtel Résidence de N’Djaména, en présence des représentants des pays participants et des partenaires techniques. Le projet est mis en œuvre par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), avec la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) et le Partenariat mondial de l’eau pour l’Afrique centrale (GWP-CAF).

Un bassin confronté à des risques climatiques croissantsDerrière cette initiative se trouve une réalité préoccupante : les inondations et les sécheresses affectent directement les conditions de vie de millions de personnes dans le bassin du lac Tchad.Selon les documents de présentation du projet, plus de 48 catastrophes liées aux inondations et aux sécheresses ont été enregistrées dans la région entre 1970 et 2020. Ces événements ont touché plus de 31 millions de personnes et causé près de 4 000 décès.Les conséquences sont multiples.

Les récoltes sont détruites, le bétail est menacé, les activités de pêche sont perturbées et l’accès à l’eau devient parfois plus difficile. Pour les familles qui vivent de l’agriculture, de l’élevage ou de la pêche, une alerte reçue à temps peut faire la différence entre des pertes importantes et la possibilité de préserver une partie de leurs moyens de subsistance.

Moderniser les réseaux et mieux prévenir les catastrophesPour répondre à ces défis, le projet prévoit quatre axes d’intervention complémentaires.Le premier porte sur le renforcement des réseaux régionaux d’observation hydrologique et météorologique. Des stations de mesure de la pluie et du niveau des cours d’eau seront installées ou réhabilitées afin de disposer de données plus fiables sur l’évolution des conditions climatiques.Le deuxième axe concerne le développement de services météorologiques et hydrologiques adaptés aux besoins des populations.

Il s’agit notamment d’améliorer les prévisions des inondations et des sécheresses et de mettre en place un mécanisme d’alerte précoce permettant de mieux partager les informations entre les pays.

Le troisième volet vise à sensibiliser les décideurs, les usagers de l’eau et les communautés à l’importance des alertes. Le quatrième prévoit de renforcer les capacités de réponse des populations grâce à des plans de gestion des risques, à des mesures d’adaptation et à des formations dans des communautés pilotes.Une attention particulière sera accordée aux femmes, aux jeunes, aux agriculteurs, aux éleveurs et aux pêcheurs, dont les activités dépendent fortement des ressources en eau.Plus de 22 millions de personnes concernées par les alertes

Selon les estimations présentées dans le communiqué conjoint, environ 22,5 millions de personnes disposant d’un accès à la radio ou au téléphone mobile devraient bénéficier directement de l’amélioration des alertes.Concrètement, un agriculteur pourrait recevoir un message l’avertissant d’un risque d’inondation avant de perdre ses récoltes. Un éleveur pourrait déplacer son troupeau vers une zone moins exposée, tandis qu’un pêcheur pourrait adapter ses activités en fonction des prévisions.

Le projet prévoit également la mise en place de plans locaux d’urgence et la formation des communautés afin qu’elles puissent comprendre les alertes et réagir de manière appropriée.La coopération régionale au cœur du dispositifPrenant la parole au nom du secrétaire exécutif de la CBLT, l’ambassadeur Ibrahim Baba, le directeur technique de l’institution, Hycinth Banseka, a salué le travail collectif ayant permis d’aboutir au lancement du projet.

Il a rappelé que sa préparation a reposé sur un processus de concertation avec les États membres et les partenaires, notamment à travers un atelier de validation organisé en 2023.

Pour les responsables du projet, la coopération entre les cinq pays est essentielle, car les phénomènes climatiques et les ressources en eau ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. Le partage des données et la coordination des alertes doivent ainsi permettre aux autorités de mieux anticiper les risques et d’organiser une réponse commune.

Les travaux de lancement, prévus les 28 et 29 octobre 2026 à N’Djaména, doivent également permettre aux délégations de définir les priorités de la première année de mise en œuvre et de préciser les besoins des services météorologiques et hydrologiques de chaque pays.Au-delà des engagements institutionnels, l’enjeu est de rendre l’information climatique plus accessible et plus utile aux populations.

Dans un bassin où les inondations et les sécheresses peuvent bouleverser des milliers de vies, mieux prévoir les risques, alerter à temps et préparer les communautés constituent des étapes essentielles pour sauver des vies et protéger les moyens de subsistance.Dar-Sila Media

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