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La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) tire la sonnette d’alarme sur deux crises humanitaires qui ont récemment frappé la capitale tchadienne : l’incendie dévastateur du Marché à mil et le déguerpissement forcé des habitants du carré 47 de Toukra Mousgoum.

À l’issue d’une mission de terrain effectuée le 3 juillet, l’institution appelle les autorités à une intervention urgente en faveur des victimes.Lors d’un point de presse tenu ce mardi 7 juillet 2026 dans ses locaux, la CNDH a présenté les conclusions de sa mission d’enquête consacrée à ces deux événements. Au nom de l’institution, le commissaire Banadji Boguel Pyrrhus a fait état de constats préoccupants et dénoncé une situation aux lourdes conséquences humaines, sociales et économiques.

S’agissant de l’incendie du Marché à mil, survenu le 16 juin dernier, la CNDH rappelle que le sinistre a ravagé une importante partie du site, détruisant des habitations, des magasins, des dépôts de matériaux de construction ainsi que des ateliers de menuiserie.

Des centaines de commerçants et d’artisans ont perdu leur unique source de revenus, plongeant de nombreuses familles dans une situation de grande précarité.

Face à l’ampleur des dégâts, la Commission demande une évaluation approfondie des circonstances de l’intervention des secours afin d’identifier les difficultés rencontrées et de renforcer les dispositifs de prévention et de gestion des catastrophes urbaines.

La CNDH s’est également penchée sur le déguerpissement intervenu le 24 juin 2026 au carré 47 de Toukra Mousgoum. Selon les constats de la mission, des bulldozers ont détruit les habitations de plusieurs familles, laissant 26 ménages, soit 177 personnes, sans abri.

Parmi les sinistrés figurent 34 femmes et 110 enfants, dont 77 garçons et 33 filles, contraints de vivre à ciel ouvert dans des conditions particulièrement précaires.

Le commissaire Banadji Boguel Pyrrhus a dénoncé le non-respect des procédures légales encadrant les opérations de déguerpissement. Il a notamment relevé l’absence d’information préalable des populations concernées ainsi que le défaut de protection des personnes vulnérables, en contradiction avec les dispositions nationales et les engagements internationaux du Tchad en matière de droits humains.

Au regard de cette situation, la Commission nationale des droits de l’homme appelle les pouvoirs publics à prendre sans délai des mesures d’urgence pour reloger les familles sinistrées, assurer leur prise en charge sanitaire et leur apporter une assistance humanitaire.

Elle recommande également la mise en place d’un accompagnement financier au profit des commerçants victimes de l’incendie du Marché à mil.Enfin, la CNDH exhorte les autorités judiciaires à ouvrir une enquête rigoureuse afin de déterminer les causes exactes de l’incendie du Marché à mil et d’établir les responsabilités, dans l’objectif de prévenir de tels drames à l’avenir.

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