N’Djamena — Le cinéma tchadien pourrait bientôt disposer d’un cadre juridique propre. Le ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, Abakar Rozzi Teguil, a échangé avec l’équipe chargée de l’élaboration de l’avant-projet de Code du cinéma tchadien, au terme de plusieurs mois de travaux.
Conduite par le cinéaste Issa Serge, l’équipe a présenté au ministre l’état d’avancement du texte, appelé à poser les bases d’une meilleure organisation du secteur cinématographique national.Un texte pour sortir le cinéma du vide juridiqueAu Tchad, le secteur du cinéma évolue depuis plusieurs années dans un environnement marqué par l’absence d’un cadre juridique spécifique.
Le projet de Code entend répondre à cette situation en établissant des règles claires pour accompagner les professionnels, protéger les œuvres et favoriser le développement de toute la chaîne cinématographique.Avec 196 articles répartis en dix titres, l’avant-projet couvre plusieurs domaines, notamment la formation, la production, la diffusion, la protection des œuvres, les droits d’auteur ainsi que la conservation du patrimoine audiovisuel.
L’ambition affichée est également de créer un environnement plus favorable à l’émergence de nouveaux talents et à la professionnalisation des métiers du cinéma. À terme, le secteur pourrait ainsi mieux contribuer à la création d’emplois, à la valorisation de l’identité culturelle tchadienne et au développement économique.Des structures pour donner un nouvel élan au secteurParmi les principales innovations envisagées figurent la création d’un Centre national du cinéma, d’un Fonds national de soutien et d’une billetterie nationale.
Ces mécanismes devraient notamment permettre de mieux accompagner la création cinématographique, de soutenir les professionnels, de faciliter l’accueil des tournages et des coproductions, mais aussi de renforcer la protection des droits des créateurs.Le texte accorde également une place importante à la préservation de la mémoire cinématographique nationale, alors que de nombreuses œuvres et archives audiovisuelles constituent une partie importante du patrimoine culturel du pays.
Une réforme appelée à se construire avec les professionnelsLe ministre Abakar Rozzi Teguil a salué l’accompagnement de l’UNESCO et de l’Union européenne dans l’élaboration de cet avant-projet, présenté comme une étape importante dans la structuration du cinéma tchadien.
Mais le texte n’est pas encore arrivé au terme de son parcours. Le ministère souhaite maintenir la concertation avec les acteurs concernés.
Cinéastes, producteurs, associations professionnelles, secteur privé et autres parties prenantes sont appelés à apporter leurs contributions afin d’enrichir et de finaliser le projet avant la poursuite de la procédure d’adoption.Au-delà des textes, l’enjeu est désormais de créer les conditions permettant aux talents tchadiens de raconter leur propre histoire, de faire vivre leur patrimoine à l’écran et de faire du cinéma un véritable espace de création, d’expression et d’opportunités.
Cette dynamique s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer les filières culturelles et dans la vision portée par le président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, notamment à travers le douzième chantier de son projet quinquennal.
